samedi 20 octobre 2012

Les landais en vacances



S'il y a des gens qui voyagent peu à l'étranger, c'est bien eux.
Mais sur un coup comme celui là, on peut dire qu'ils ont pris une sacrée avance...

27h de vol...et toujours le sourire













Quelle aventure vont-ils vivre? Ils ne savent pas encore ce que nous leur avons conconcté...


Des couchers de soleil à couper le souffle, même depuis la maison.

Sur la plage du Kuendu beach, Nouméa
Depuis la maison


De superbes hôtels où trouver la "zen" attitude , du 2* au 4*, nous les avons gâtés.
De Poé à Lifou, en passant par Hienghène, ils ont pris connaissance des différents habitats utilisés en Nouvelle Calédonie...et nous aussi par la même occasion.
A Hienghène, ce sera un 3* chez Germaine
A Poé, caravane 2*


Eh oui...c'est loin de la déco de Mont de Marsan


Lifou, la maison de maître 4*


Décor simple pour une nuit de rêve au pied
des falaises Jokin

Pour maman, il faut dire que les vacances ont été dures, notamment à Lifou. Elle a trouvé une nouvelle activité.
Un autre adepte...
Maman Larrouy en pleine méditation





Au pied de la cascade de Tao, dans une eau cristaline... des écrevisses !
Puis c'est la découverte de la luxuriante nature de la calédonie, où 95% des espèces végétales sont endémiques.

 




Même après une nuit en tribu et un réveil à l'aube au chant du coq, Nelly reste la même, toujours belle et souriante...


















Egalement à la découverte de la cuisine locale, nous nous souviendrons de Germaine et de son petit déjeuner aux pancakes banane.


le fameux "Bougna", une chance qu'il y avait un mariage le lendemain car c'est un plat de fête


langoustes grillées pour le soir
Et puis il y a eu des balades au parfum d'exotisme

Lifou


La rivière bleu


Le ponton des tortues, nous les avons longuement observé et avons même nagé à leurs cotés, le rêve.




"La poule" de hienghène, ah... je vous vois venir d'ici, non, rien à voir avec "le coq à lunette".


 




Le meilleur est pour la fin.
Chers beaux parents, nous avons été ravi de vous acceuillir et de vivre avec vous tous ces instants précieux, nous vous remerçions de votre venue.
Et comme on dit ici: "Tata, bisous"



vendredi 22 juin 2012

Mont dore et déjà fatigué


S'il y a bien un lieu qu'il faut visiter à quelques encablures de chez nous, s'il y a bien un lieu magnifique aux environs de Nouméa, c'est bien le "Mont dore".


C'est d'abord une montagne en forme de "croissant".
En gravissant son sommet le plus à l'est, vous aurez merité une vue magnifique sur fond de lagon avec sa barrière de corail. Plus à l'ouest la fin de la grande terre.


Et si le temps le permet, vous pourrez apercevoir dans un contraste sur la ligne d'horizon, tout à l'est: l'île des pins, haut lieu de nos chevauchées aériennes et culinaires entre amis, avec ses langoustes et sa piscine naturelle.


La "balade" se fera avec un couple d'amis, Emmanuelle "Manue" est médecin gynécologue et elle est surtout une belle retrouvaille: elle était la meilleure amie de Nelly à l'époque de l'école primaire. Lui, c'est Arnaud, statisticien, il est détendu et semble être un bon vivant au caractère facile et sympatique.

Pendant deux heures d'une marche matinale sur un chemin large en épingles, la chaleur, encouragée par la moiteur de l'air, nous oblige à des pauses régulières pour nous hydrater.
Arrivés au sommet, c'est la délivrance, sa vue à 360 degrés avec un petit vent, quel bonheur. Nous nous installons par terre au pied de l'antenne satellite, pour un petit déjeuner salé.

Manue nous propose alors un autre chemin pour le retour, elle brandit son livre "Calédonie sauvage" qui décrit deux autres possibilités. La première est un chemin que j'avais déjà emprunté il y a deux ans, mais c'est une mauvaise idée car il nous emmenerait à l'opposé de l'endroit où nous avons laissé la voiture, c'est à dire sur l'autre versant de la montagne.


Le deuxième est un chemin digne du titre du livre.


C'est là que tout a débuté... et que tout aurait pu mal finir.
Car notre balade de 4h s'est transformée en galère de 7h.
Sous un soleil de plomb qui vous brûle la peau, les réserves d'eau qui s'amenuisent et l'incertitude du chemin qui n'a pas été emprunté depuis bien longtemps, trop longtemps.
Et nous découvrons peu à peu pourquoi.

Le passage le plus difficile: une véritable "voie d'escalade" sur l'arrête de la montagne, à droite comme à gauche... le vide. Au moment où certains pensent sérieusement rebrousser chemin, je les persuade qu'il est bien moins dangereux de continuer à monter, que de vouloir redescendre. Dans ma tête j'imagine déjà comment les secours pourraient venir en cas de chute de l'un d'entre nous.
Il n'y aurait eu qu'un seul moyen: un hélicoptère armé d'une équipe spécialisée de secours en montagne.
En pleine ascension sur le deuxième sommet, chacun de nous est emprunt aux doutes devant tant de difficultés

Au deuxième plan, le sommet qui nous a donné tant de mal

Nous arrivons péniblement au sommet de cette deuxième montagne, complètement exténués. Certains ont eu peur et n'ont pas de peine à l'avouer, moi le premier.




Pourtant nous ne sommes pas au bout de nos peines, sur le fameux livre est écrit: "Arrivé au sommet, visualisez votre descente et frayez vous un chemin dans la végétation."
Deux difficultés majeures:
- la pente est très abrupte et glissante, plusieur fois le sol se dérobera sous nos pieds. De plus, la fatigue et la désydratation aidant, l'équilibre devient fragile.
- en bas la végétation est dense et nous dépasse très largement, impossible de nous diriger au milieu des arbuste et des roseaux, c'est la jungle.
Je sers d'éclaireur... mes mains et mes jambes en porteront les stigmates plusieurs jours.
Certaines plantes tranchent comme des rasoirs.
Nous sommes sauvés par un cours d'eau que nous traversons plusieurs fois, il nous ammene à proximité des habitations: nous sommes acceuillis par un couple qui, voyant notre état, nous offre de l'eau et des mangues fraiches.

Leur gentillesse n'a eu d'égal que leur générosité. Ces lignes leurs sont dediées.


"Nous avons gravi les deux sommets d'une montagne et pourtant c'est à ses pieds que nous avons le mieux admirer l'humanité et l'amitié."


 






mercredi 6 juin 2012



Envol vers Ouvéa pour 4 jours de vacances et de "décrochage" pour Seb...
Après une attente d'1 heure à l'aéroport ( problème technique de l'appareil!!!), nous nous envolons vers cette île située à 40 minutes de vol, à peine, de Nouméa.
Ile mythique surnommée " L'île la plus proche du paradis"...alors venez avec nous.

A travers la couche de nuages, une île se dessine entre lagon, d'un côté, et océan, de l'autre. Toute en longueur, étroite, le vert de la végétation se mélange aux eaux limpides.

Arrivés sur place, nous installons notre "habitation", une tente 4 places, il faut bien ça pour y introduire un matelas gonflable. Le camping, oui, mais avec un minimum de confort pour nos dos.

C'est déjà parti pour la découverte du sud de l'île en vélo, s'il vous plait.



 Le lendemain est moins sportif...ce sera une voiture de location pour nous amener vers d'autres horizons , le nord. Plus dense en végétations, des trous d'eau s'y cachent. Et c'est peu dire. Les indications sont pourtant explicites : "tourner au poteau sur lequel se trouve un ballon de foot...!"















Durant cette journée, nous fûmes interpelés par une banderole sur le bord de la route. Celle ci mentionnait une exposition photos concernant les évènements de la prise d'otage d'Ouvéa, en 1988. Notre curiosité nous pousse à aller y jeter un oeil.

Nous rentrons alors dans une propriété privée, cherchant du regard une expo-photo. Un homme kanak, 70 ans environ, nous accueille. Nous apprendrons, plus tard au cours de la conversation, qu'il s'agit du frère de l'assassin de J.M. Tjibaou. Des émotions échangées, un repas partagé, des souvenirs indélébiles de cette rencontre extraordinaire.

Pour finir cette journée, une belle plage et un superbe coucher de soleil.



Samedi, c'est le rendez-vous avec Antoine. Guide, herboriste, conteur, il nous fait découvrir ce chemin paradisiaque direction la passe aux requins.







  Nous avons bien profité, pour finir ce partage, un méli-mélo de photos.

lundi 16 avril 2012

Je me suis senti vivant

Si, pour le commun des mortels voler est un rêve, alors piloter en Nouvelle Calédonie au dessus des lagons couleur turquoise et au milieu des montagnes verdoyantes renforce l'image paradisiaque de cette activité.
On oublie souvent que lorsque les conditions météo se dégradent, le manque de visibilité, les nuages bas et les pluies torrentielles rendent le vol périlleux.

Le vol à destination de l'île des pins est une navigation que je connais bien maintenant, le vol aller s'était bien passé malgré l'obligation de voler au minimum règlementaire (500 ft- 150m) pour garder la vue de la surface...de l'eau.
En cas de panne moteur à cette altitude nous n'aurions eu que 15 secondes de vol avant l'impact de l'amerrissage forcé, même pas le temps nécessaire pour enfiler son gilet de sauvetage.

Les prévisions disaient: amélioration, ce que je constate à l'arrivée à l'île des pins.
Pourtant le vol retour allait créer bien des "illusions".

La première, la dégradation notable de la visibilité, à peine plus de 1500m devant l'avion avec de la bruine et de la pluie quasi permanente, m'empêchant de garder une vue nette du sol et de la surface de l'eau.

Je ne distinguais dèjà pas grand chose quand, tout à coup... plus rien, ni en haut, ni à gauche, ni à droite, pas même en bas, je viens de perdre toutes références visuelles extérieures en rentrant dans un nuage bas impossible à anticiper.

Je sens le stress monter brutalement. La chaleur sur mon visage, mes mains moites qui se crispent sur les commandes, je ressens chaque battement de coeur.

Le manuel dit: opérer un demi tour et contourner la zone pour se dérouter, sauf qu'en Nouvelle Calédonie le seul terrain de déroutement c'est l'aéroport international, et il est devant moi.
Des nuages bas il semble qu'il y en ai partout et contourner la zone pourrait me prendre des heures, et je n'ai pas assez de carburant pour ça.
De plus je suis à peine à 5 min de Magenta, ma destination et je suis informé que les conditions sont meilleures.

Une seule issue, faire confiance aux instruments et surtout à l'horizon artificiel. Mais ce type de vol nécessite un vrai savoir faire, l'Intrument Flight Rules (IFR), et c'est une qualification que je n'ai pas.


Pour parachever la montée du stress, la deuxième illusion, sensorielle cette fois:
mon corps me donne la sensation de voler les ailes bien à plat à cap constant, en réalité l'horizon m'informe que je suis en virage à gauche et le défilement de la rose des caps le confirme.

Je dois me résoudre à laisser mes illusions de côté, contrarier mon système vestibulaire et faire entièrement confiance à une machine. A ce moment là je vire doucement et je commence à avoir des vertiges, induits par le conflit des informations et sensations.
Pendant que je lutte, je dois également corriger une perte d'altitude (la surface de l'eau n'est plus très loin, à cette vitesse elle serait aussi dure que du béton), à la radio on s'adresse à moi, la tour de contrôle me signale un appareil qui fait... or je suis incapable de comprendre le message car toute mes ressources sont focalisées sur le pilotage.


Les secondes passent, se transforment en minutes, je ne devrais plus être très loin du terrain.
Soudain, je retrouve la vue du sol, le temps gris et la pluie, j'aperçois la côte et devine la piste dans le fond, je réponds à la radio, prépare l'approche. Je me pose.

Au parking, en croisant un autre pilote, j'apprendrai qu'il y a 10 ans, au même endroit et dans les mêmes circonstances, un avion est parti en vrille, trois personnes ont perdu la vie.

S'il y a des moments où l'on est fier de ce que l'on fait, aujourd'hui je suis simplement heureux de ce que je suis. Vivant.